Les agriculteurs locaux du Sahel sont à l’avant-garde d’un changement profond. Ils s’unissent pour enrayer la dégradation des terres et la désertification, et restaurer des écosystèmes sains. Nous visons à faire reconnaître la Régénération Naturelle Assistée – ainsi que la restauration communautaire des écosystèmes en général – à sa juste valeur, notamment en nous engageant dans les espaces internationaux tels que la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).
Des solutions localement dirigées
Pour les communautés du Sahel, dont les moyens de subsistance dépendent de la santé de leurs terres, les décisions prises dans le cadre de la CNULCD sont d’une importance capitale. La convention réunit gouvernements, experts et organisations de la société civile afin de définir des priorités, de partager des solutions et de mobiliser des financements pour la restauration des terres.
Malheureusement, de nombreuses politiques et mécanismes de financement destinés à lutter contre la désertification se concentrent sur des solutions techniques – souvent descendantes, complexes et coûteuses. Pourtant, plus d’une décennie de résultats du programme Les Communautés Reverdissent le Sahel démontre clairement que des solutions localement dirigées comme la Régénération Naturelle Assistée sont des approches hautement efficaces et durables, offrant une large gamme de bénéfices environnementaux, sociaux et économiques.
Mobiliser le soutien lors de la COP16 de la CNULCD
Un soutien à grande échelle est nécessaire pour stimuler la mise en œuvre massive de la RNA dans tout le Sahel. Nous participons à la conférence annuelle de la CNULCD pour inciter les décideurs à adopter des politiques favorables à la RNA et à garantir que les financements atteignent les efforts communautaires de reverdissement.
En 2024, lors de la COP16 de la CNULCD en Arabie saoudite, nous avons rencontré des responsables politiques et organisé ou participé à des événements parallèles pour présenter les résultats de la RNA et du programme Les Communautés Reverdissent le Sahel. Lors d’un de ces événements, nous nous sommes joints à nos alliés du réseau Drynet pour présenter dix recommandations détaillées à la CNULCD. Parmi celles-ci figurait un appel à une mise en œuvre robuste de la décision historique de la CNULCD reconnaissant les régimes fonciers informels, collectifs et coutumiers. Renforcer la sécurité foncière des communautés locales – en particulier des femmes, des jeunes et des pasteurs – est un élément essentiel du reverdissement. Les populations sont plus enclines à investir dans des efforts à long terme lorsqu’elles savent qu’elles en récolteront les bénéfices.
Les membres du consortium CRS du Burkina Faso présents à la COP15 de la CNULCD à Abidjan, Côte d’Ivoire
Le représentant de Both ENDS prononce la déclaration des OSC à la COP15 de la CNULCD à Abidjan
Renforcement du mouvement
Notre participation à la CNULCD constitue également une occasion importante de créer des liens avec d’autres acteurs – organisations locales, nationales et internationales, ainsi que décideurs – qui partagent notre vision d’une restauration des écosystèmes menée localement. Nous échangeons des expériences et des leçons tirées du programme Les Communautés Reverdissent le Sahel, et explorons des opportunités de collaboration pour renforcer notre impact collectif.
Nos efforts lors des conférences de la CNULCD ont permis d’ouvrir des portes et de nouer de nouvelles relations, notamment avec des décideurs nationaux dans les pays du Sahel. De retour sur le terrain, nous consolidons ces liens et veillons à ce que les décisions de la CNULCD se traduisent en politiques nationales. Nous plaidons pour que les politiques du Niger, du Burkina Faso et du Sénégal s’alignent sur les objectifs nationaux de neutralité en matière de dégradation des terres définis par la CNULCD.