En latin, on l’appelle Faidherbia albida. Au Niger, c’est l’arbre gao. Au Sénégal, on le nomme kadd. Au Burkina Faso, il est connu sous le nom de balanzan. Le nom de l’arbre peut varier, mais dans tout le Sahel, une chose est certaine : Faidherbia albida est un ami fidèle des agriculteurs.
Originaire de la région, Faidherbia albida est le seul arbre qui perd ses feuilles au début de la saison des pluies et reverdit lorsque celle-ci se termine. Grâce à sa racine pivotante profonde – pouvant atteindre jusqu’à quinze mètres sous la surface – Faidherbia albida ne concurrence pas les autres plantes pour l’eau. Ses racines, qui contribuent à la fixation de l’azote, améliorent la qualité et la santé du sol, faisant de cet arbre un élément essentiel des efforts de reverdissement.
Restaurer les écosystèmes du Sahel
Dans les zones semi-arides du Sahel, Faidherbia albida a longtemps fait partie du paysage. Pourtant, à cause du colonialisme et des pratiques agricoles modernes, la transmission des connaissances autochtones sur cet arbre s’est fragmentée. Aujourd’hui, de nombreux agriculteurs ignorent son importance pour la santé fragile des écosystèmes du Sahel et pensent qu’il vaut mieux les éliminer de leurs champs.
Heureusement, une approche autochtone de la restauration des écosystèmes – la Régénération Naturelle Assistée – est en train de renaître dans tout le Sahel. Grâce au programme Les Communautés Reverdissent le Sahel, de plus en plus d’agriculteurs découvrent la valeur et l’importance de protéger les arbres indigènes comme Faidherbia albida sur leurs terres. À travers des formations et un appui technique, ils acquièrent les compétences nécessaires pour faire renaître et entretenir les arbres dormants, ainsi que pour élaguer et protéger efficacement les jeunes plants.
Une gouvernance foncière inclusive est au cœur de cette approche. Les comités villageois réunissent agriculteurs et éleveurs pour convenir de l’utilisation des terres et des arbres. De cette manière, les communautés restaurent avec succès et de manière durable les paysages forestiers endémiques de la région, y compris Faidherbia albida.
Élagage d’un jeune arbre de Faidherbia albida. Les déchets peuvent être utilisés comme fourrage pour le bétail.
Un agriculteur à côté d’un arbre de Faidherbia albida dans son champ. L’ombre de l’arbre favorise la croissance des autres cultures.
Une ressource précieuse
Protéger et entretenir Faidherbia albida procure d’innombrables bénéfices, tant pour les écosystèmes du Sahel que pour ses communautés. L’écorce et les racines de l’arbre possèdent des propriétés médicinales. Ses graines peuvent être utilisées pour fabriquer de l’huile. Ses feuilles offrent une précieuse source d’engrais organique pour les cultures et un fourrage nutritif pour les animaux. Pendant la saison sèche, sa large couronne procure une ombre très recherchée, et à la fin de la saison des pluies, ses fleurs offrent une source essentielle de pollen pour les abeilles, ce qui le rend précieux pour l’apiculture.
Comme si cela ne suffisait pas, Faidherbia albida aide les agriculteurs à augmenter leurs rendements agricoles. En favorisant sa présence sur leurs terres, certains agriculteurs ont vu leurs récoltes de mil et d’arachides plus que tripler, améliorant ainsi leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance.
Grâce au programme Les Communautés Reverdissent le Sahel, environ 90 000 agriculteurs ont été formés à la régénération des arbres indigènes du Sahel. Sur plus de 140 000 hectares répartis entre le Niger, le Burkina Faso et le Sénégal, les agriculteurs redécouvrent aujourd’hui la générosité de leur vieil ami, Faidherbia albida.